Chapitre II : Quel est le rôle du biologiste au laboratoire?

Découvrez le métier passionnant de biologiste, à travers l’interview du docteur Caroline Scheiber, pharmacien biologiste chez Ketterthill.

Quel est le rôle principal d'un biologiste au sein d'un laboratoire ?

Nous avons plusieurs rôles : le plus visible, qui correspond à la validation des résultats, c’est la signature au bas des résultats. Cela veut dire que l’on s’assure de rendre le bon résultat, à la bonne personne, dans le meilleur délai. On alerte le prescripteur (le médecin) si une ou plusieurs analyses sont perturbées.

Et puis le deuxième rôle, qui est aussi très important, et dont je n’avais pas forcément conscience au début de ma carrière, c'est d'être manager d'équipe et responsable d'un service. Mettre en place des nouvelles techniques qui correspondent à nos critères de qualité et aux attentes des médecins, s’assurer du bon fonctionnement quotidien, faire évoluer les techniciens par des formations, les accompagner dans leur travail.

Chez Ketterthill, vous êtes 6 biologistes, comment cela se passe-t-il au quotidien ?

Tous les jours, un biologiste est responsable de la validation, il est présent au laboratoire de 9h du matin jusqu'à 19h30. Il répond aux questions des médecins et des patients. Il valide les analyses, communique en priorité les résultats urgents ou très perturbés par téléphone, faxe ceux qui le sont un peu moins, il s'assure de la bonne gestion des résultats pendant toute la journée.

Pour seconder le biologiste de validation, nous avons ce qu'on appelle un « biologiste doublon » qui est de permanence téléphonique de 7h à 9h (en particulier pour répondre aux questions des infirmières, le matin sur la lecture des ordonnances, sur une analyse qu'elles ne connaissent pas), et de 14h à 16h, pour aider à la validation. A ce moment de la journée, il est indispensable d'être deux pour mener à bien notre mission : rendre le bon résultat, à la bonne personne, dans le meilleur délai.

Nous avons entre 1 600 et 1 800 dossiers par jour. Cela fait en moyenne 25 000 analyses journalières. Nous avons une aide automatisée à la validation qui arrive à valider les résultats en fonction du sexe du patient, des antériorités, de la cohérence du bilan, ce qui nous permet de nous concentrer sur les valeurs pathologiques ou discordantes.

Ceci dit, nous visualisons la majorité des dossiers car il reste toujours quelques analyses à valider par le biologiste. Cette automatisation nous permet de nous concentrer sur les analyses perturbées, notre valeur ajoutée intervient à ce moment clé.

Chez Ketterthill, chaque biologiste a au moins un domaine d'expertise spécifique :

  • Le docteur Serge Vedy et moi-même sommes en charge des départements Microbiologie et Fertilité
  • Les docteurs Pierre Blonski et Sylvie Coito sont en charge du département Hématologie
  • Les docteurs Sylvie Coito et Serge Vedy sont en charge du département Auto-immunité
  • Les docteurs Valérie Gigot, Isabelle Bertrand et Pierre Blonski sont en charge des départements en Chimie, Hormonologie et Sérologie, c'est là où nous faisons le plus d'analyses.

Et puis il y a aussi « les envois » : les analyses qui sont sous-traitées au Luxembourg et à l'étranger, c'est le docteur Isabelle Bertrand qui s’en occupe. Il faut choisir le laboratoire sous-traitant selon des critères de qualité, de délai de rendu du résultat, de tarif, connaître les conditions pré analytiques (quel tube, quelle température de transport...).

Les biologistes travaillent en équipe, nos bureaux étant proches les uns des autres, on s'interpelle, nous sommes tout le temps en train d'échanger. La communication est essentielle entre nous.

La suite au prochain chapitre III : "Le lien entre le patient et le biologiste".

Chapitre précédent : Chapitre I : Comment devient-on biologiste ?