Histoire du masque : Le retour de la peste


Pour cette nouvelle édition, nous remontons le temps pour découvrir ensemble l'origine du masque, ce bout de tissu que nous portons tous au quotidien depuis plus d'un an. 

En y regardant de plus près, nos ancêtres l'utilisaient déjà. Faisons ensemble un bond dans le temps pour comprendre le développement du masque en fonction des maladies de l'époque, du progrès médical et de l’évolution des mentalités. 
 

Mandchourie (Nord-Est de la Chine) 1911 : Le retour la peste

De décembre 1910 à mars 1911, une épidémie de peste exclusivement pulmonaire avec un taux de mortalité de 100 %, fit plus de 50.000 morts. Brûler les maisons infestées et les effets personnels, enterrer les morts sous la chaux, rien n'y faisait : l'épidémie s'aggravait ! La cour impériale chinoise délégua sur place un de ses médecins, Wu Liande, pour lutter contre cette nouvelle épidémie. Il découvrit rapidement que la transmission était aérienne. 

Il proposa des stratégies radicales de prévention ciblées, notamment la formation de travailleurs chargés du contrôle de l'épidémie, la désinfection des lieux de vie, la collecte et l'incinération centralisées des corps infectés. Wu Liande créa également un masque anti peste, ressemblant aux masques chirurgicaux utilisés depuis 1897, mais constitué de couches de tissus plus épaisses et d’un système d’attache par cordelettes pour le maintenir en place sur la bouche et le nez. Il exigea que les médecins, les personnels paramédicaux ainsi que toute personne en contact avec les malades ou les cadavres portent son masque. Il considéra qu'il devait également être porté par les patients, voire par l’ensemble de la population. 

Mais sa théorie sur la transmission aérienne de Yersinia pestis (bactérie responsable de la peste) resta contestée, notamment par le médecin français Mesny. S'opposant à ce mode de transmission aérienne, Mesny fit le choix de ne pas porter de masque et contracta la peste de laquelle il mourut le 12 janvier 1911 à l'hôpital de Harbin (Chine). Le décès du médecin français eu l'effet d’un électrochoc et accéléra l'adhésion générale de tous à la thèse de Wu Liande. La population fut ainsi mise en quarantaine dans des wagons éloignés des lieux contaminés et étroitement surveillés. Si au bout de 5 à 10 jours, aucun des sujets placés en isolement ne présentait de symptômes, tous avaient le droit de ressortir. En revanche, si une des personnes présentait des symptômes, le wagon entier était condamné. Suite à la mise en place de ces zones sanitaires, des quarantaines, des isolements, des restrictions de déplacement et au port des masques faciaux par tous, le taux d'infection put enfin diminuer fin janvier 1911. 

 

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